Feldkaplan Prussien

Les aumôniers de tranchées qui combattent dans la Grande Guerre regroupent un vaste éventail de ministres combattants de la Sainte Parole, qu'ils soient ordonnés ou laïcs. Parmi eux figurent notamment les Militärgeistliche spécialement entraînés que l'Église Militante de l'État Libre de Prusse déploie afin de contrer les Sorciers et les Grands Prêtres des Légions Hérétiques, opposant leur foi aux abominables pouvoirs goétiques de l'enfer.

En raison de l'importance de leur rôle et du prix considérable en sang que les commandants hérétiques ont fixé pour chaque chapelain tué, prix que Mammon double encore pour les individus capturés, ces prêtres constituant un matériau de choix pour la création des redoutés Sorcier-Goétiques, l'Église et l'État Libre déploient des efforts extraordinaires afin de former et d'équiper leurs chapelains des meilleures armes et armures possibles.

Au combat, ces aumôniers de tranchées prussiens revêtent des armures trois fois bénies, forgées dans les Ateliers Sacro-Saints situés sous la cathédrale de Cologne. Leur apparence s'inspire des armures d'un âge révolu afin d'inspirer les troupes, mais leur conception est à la pointe de la technologie, intégrant les plus récentes innovations métallurgiques issues de l'Institut de Guerre de Königsberg. L'emplacement de ces ateliers n'est pas sans susciter la controverse, puisque l'État Libre de Prusse et le Saint-Empire romain revendiquent tous deux la possession de Cologne. Ce différend remonte à la sécession de l'État Libre, survenue après la tenue de ses premières élections démocratiques. Celles-ci avaient été instaurées à l'origine dans le seul but d'obtenir l'indépendance vis-à-vis de l'Empire, mais elles rencontrèrent un tel succès auprès de la population qu'elles furent maintenues jusqu'à aujourd'hui. Heureusement pour la Prusse, l'Église considère que l'effort de guerre prime sur les querelles régionales mesquines et a, jusqu'à présent, placé la cathédrale sous la garde de l'État Libre afin de garantir la poursuite de la production de guerre.

Le remarquable équipement des chapelains ne se limite pas à leur protection. Ils emportent également des grenades spéciales remplies de myrrhe, de ciguë, d'encens enflammé ainsi que de substances chimiques classifiées. Lorsqu'elles explosent, les éclats de ces grenades dispersent des braises qui consument rapidement tout ce qui est pris dans leur souffle.

L'arme de mêlée réglementaire du Feldkaplan est l'épée. Certaines lames sont forgées à l'image de l'épée flamboyante brandie par l'ange qui gardait le jardin d'Éden, tandis que d'autres sont des répliques réduites des puissantes épées portées par les Paladins.

Nombre de chapelains de première ligne sont régulièrement réprimandés par l'Église pour leur usage excessif de la « Fumée Sacrée », un composé chimique utilisant nombre des mêmes ingrédients que les Pilules du Martyre. Toutefois, en raison du tribut mental et physique extraordinaire que la guerre exige de leur esprit et de leur corps, cette pratique perdure, bien que nombre de chapelains succombent à des surdoses ou soient contraints de quitter le service actif après que leur corps et leur esprit aient finalement cédé sous l'effet combiné du stress, des blessures et des dommages au système nerveux provoqués par la Fumée Sacrée. Le Grand Hospice de Nouvelle Antioche traite chaque année des centaines de ces cas : des enveloppes humaines desséchées qui retrouvent rarement la raison.

Chaque chapelain porte sur lui un reliquaire d'où dérive d'ailleurs leur appellation originelle de capellanus. Le Feldkaplan Frieherr Rainer Schwentner, de la division des Épées du Seigneur, représenté ici, part au combat muni d'une pièce dorsale sculptée représentant l'Aigle prussien ainsi que d'un reliquaire qui renfermerait, dit-on, une plume de l'ange Uriel.