L'arsenal de la Grande Guerre

Après avoir fait rage pendant huit siècles, la Grande Guerre a engendré une variété déconcertante d’armes, d’équipements et d’armures. Avec le rôle prépondérant du Ciel et de l’Enfer sur les champs de bataille, une bande engagée dans ce conflit dispose souvent une panoplie fascinante et exotique d’armes anciennes comme modernes.

Ce sont les disciples de saint Éloi, patron des métallurgistes et des mécaniciens, qui ont permis aux armuriers et forgerons du Saint-Siège de produire des alliages d’acier imprégnés de lumière divine : des métaux à la fois plus malléables et plus résistants que tout acier ordinaire. Bien que leur coût soit exorbitant, ces alliages permettent de forger des armures capables de résister à une grêle de balles. L’excellence de ces armures d’infanterie demeure intacte encore aujourd’hui, évoluant sans cesse pour suivre les progrès des armes à feu et des explosifs.

Pendant ce temps, les Légions Hérétiques ont obtenu accès aux métaux infernaux issus des creusets torturés du Tartare. Ces matériaux surpassent la résistance de l’acier ordinaire, mais souvent au prix d’un terrible tribut : porter ces armes ou revêtir une armure infernale brûle à la fois le corps et l’âme, laissant des plaies suppurantes qui ne guérissent jamais.

Grâce à ces avancées métallurgiques, des pièces d’artillerie titanesques dépassant les 300 pieds sont construites dans les fonderies de Nouvelle Antioche, tandis que les forges de l’Enfer produisent leurs propres machines de mort colossales. La plus grande pièce connue, la redoutée Bouche de l’Enfer, mesure un stupéfiant 666 pieds de long et possède un calibre de 1666 millimètres !

Les bombardements massifs de cette artillerie criblent le no man’s land, le transformant en un véritable paysage infernal. C’est sur ces étendues dévastées que les bandes des deux camps progressent, fouillant chaque pouce de terrain à la recherche d’armes utilisables, de reliques sacrées, de munitions, de nourriture, d’armures et de tout autre équipement utile.

En raison de la protection offerte par les armures modernes, les combats rapprochés sont fréquents et d’une brutalité extrême : massues de tranchée et armes d’hast, grandes masses à tête ferrée et épées forgées en enfer sont utilisées avec une efficacité meurtrière lors des assauts contre les tranchées ennemies. Des adversaires tels que les Oints des Légions Hérétiques sont souvent si lourdement protégés qu’un effort concerté est nécessaire pour abattre l’un de ces survivants du Lac des flammes éternelles et même alors, il faut souvent l’achever au corps-à-corps à l’aide d’une miséricorde, cherchant une faille dans leur armure impie.

 

Les plus braves, ou les plus suicidaires, manient des marteaux antichars : des armes d’hast dotées d’explosifs assez puissants pour déchirer les armures les plus résistantes. Pourtant, le fusil à verrou reste l’arme principale du champ de bataille et la plupart des soldats,

l’outil indispensable du champ de bataille, et la plupart des soldats, yeomans comme légionnaires hérétiques en sont équipés. De nombreuses autres armes sont également utilisées : mitrailleuses, fusils de précision, grenades à fragmentation ou à gaz, ainsi que des fusils antimatière expérimentaux. Les forces hérétiques, quant à elles, disposent de lames aux flammes éternelles, de balles vivantes qui infectent leurs cibles et les transforment en réceptacles morts-vivants, à jamais asservis aux démons, ainsi que de lourds lance-flammes forgés dans les Fosses de Fer de Dis, crachant les flammes du Lac des Flammes Éternelles, où les âmes damnées se consument pour l’éternité.

Avec les puissances infernales et divines à l’œuvre sur Terre, icônes sacrées, symboles saints, talismans maudits et artefacts impies sont portés par les soldats de tous rangs. Leur pouvoir est indéniable et a souvent fait basculer l’issue de nombreuses batailles.

Les pilules du martyre sont régulièrement consommées par les Croisés des Tranchées, désireux d’entraîner avec eux les ennemis de Dieu dans la mort. Elles rendent les fidèles insensibles à la douleur et à l’épuisement, mais exigent un lourd tribut une fois leurs effets dissipés.

Nombre de Pèlerins des Tranchées portent des capirotes de fer, qui protègent leur esprit de l’horreur des créatures de l’Enfer tout en intégrant un masque à gaz dans leur conception, une caractéristique précieuse sur des champs de bataille où l’usage du chlore et du gaz moutarde, ainsi que de fumées encore plus terribles élaborées par les chimistes dévoyés des fosses infernales, est monnaie courante.

Les forces d’élite disposent d’équipements et d’armes encore plus avancés et ésotériques. Les Observateurs du Synode de la Prophétie Stratégique, par exemple, portent un casque spécialement conçu qui leur permet d’entendre la Voix de Dieu, et ainsi d’avoir un aperçu du passé immédiat, de présent et de l’avenir simultanément. Cela leur permet d’accomplir des prouesses martiales inégalées, mais ce pouvoir a un prix : un être humain vivant n’est pas destiné à entendre les Mots Sacrés. Et puisque la Voix de Dieu ne se tait jamais, ils doivent maintenir une concentration surhumaine afin de discerner, parmi ce tumulte divin, ce qu’ils doivent entendre pour choisir la bonne action. Le sommeil leur est impossible, tant l’Écho divin résonne sans cesse dans leurs oreilles. Une forte sédation et l’usage de drogues altérant l’esprit leur sont nécessaires pour supporter le terrible fardeau de leur rôle sur le champ de bataille.