Le culte du Graal noir
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Le typhus, la malaria, la fièvre typhoïde, la variole, la fièvre jaune, la pneumonie, la fièvre des tranchées, le mal des Marquises et d’innombrables autres maladies ravagent les tranchées et les champs de bataille de la Grande Guerre. Pourtant, toutes pâlissent en comparaison de la plus redoutée de toutes : le Graal noir. Belzébuth, le seigneur des Mouches, se distingue de ses homologues infernaux qui œuvrent par le biais de leurs disciples mortels. Quand il imposa sa suprématie dans les luttes de pouvoir incessantes des archidémons, le prince de la Décomposition ne complota pas : il libéra sa malédiction la plus meurtrière. Infusée de l’essence démoniaque des boyaux du septième cercle de l’Enfer, la forteresse putride de Belzébuth vomit un torrent de mouches, de scorpions, de sauterelles et d’autres insectes infernaux. La porte de l’Enfer s’ouvrit, libérant un raz-de-marée d’ignominie, qui se déversa à travers les terres à une vitesse stupéfiante, consumant tout sur son passage et laissant une horreur indescriptible dans son sillage. Pendant neuf jours, la nuée se déchaîna sans contrôle, jusqu’à ce que sa faim insatiable la pousse à se retourner contre elle-même. Le Graal noir hait toutes les choses vivantes sans discrimination. Ses infections se glissent dans toute chair vivante et la déforment avec des tumeurs, des furoncles et des pustules purulentes. Dans son sillage restent des mares et des flaques de chair fondue, et des bouches infinies hurlent de douleur. Le Graal noir détruit le corps, mais laisse l’esprit intact, piégé pour subir son tourment. Les prêtres scientifiques de l’Église et les alchimistes du sultanat travaillent d’arrache-pied pour découvrir le moyen de vacciner leurs citoyens contre la plus terrible des pestes, mais sans succès. La seule réponse se trouve dans le feu. Les communautés infectées sont purgées à l’aide de chars lance-flammes spécialement construits, dont les armes tirent de l’huile sacrée offrant l’onction. |
Si l’on tarde, ou si les contre-mesures échouent, un destin pire que la mort attend les victimes. Les corps des hommes, des chevaux, des chiens, des insectes et de toute créature infectée par le Graal noir se relèvent, animés par une volonté démoniaque. Ni vivants ni morts, ils deviennent des vaisseaux de la corruption, répandent un peu plus la peste de leur maître et forment des bandes qui cherchent à infecter toute vie qu’ils croisent. Ils rassemblent du butin et des trophées lugubres, qu’ils offrent aux idoles de Belzébuth qu’ils érigent. Ainsi, le culte du Graal noir se moque des dévotions des Fidèles et de leurs prières. À la tête de ces bandes se trouvent les chevaliers de l’ordre de la Mouche, des hommes et des femmes dépravés qui étreignent le Graal noir et dont Belzébuth estime la ferveur suffisante. Ils se voient offrir des armes, des armures et de l’équipement corrompus par le toucher de l’archidémon en échange des sacrifices qu’ils amènent à ses autels. Où qu’elles aillent, ces bandes construisent ces structures grotesques et horribles avec les restes de leurs victimes, qu’elles façonnent en mouches monstrueuses. |